Vedette

Intégrer des infrastructures intelligentes


Les villes intelligentes deviennent lentement mais surement une réalité et ne sont plus l’apanage des films de science-fiction. Et si nous pouvions concevoir des infrastructures intelligentes qui tiennent compte des enjeux de protection de la vie privée tout en améliorant notre qualité de vie?

De nos jours, une ville intelligente et connectée n’est pas si difficile à imaginer. L’interaction entre humain et environnement urbain constitue déjà un thème courant, particulièrement dans les grandes villes. La plupart d’entre nous avons déjà conscience de l’existence de cette facette des technologies, qu’il s’agisse d’utiliser un téléphone intelligent pour une visite de musée en réalité augmentée ou simplement de voir les lumières d’un bureau s’allumer automatiquement lorsqu’on y entre. Toutefois, nous n’en sommes qu’au commencement de l’évolution vers des villes intelligentes.

Contexte actuel

Comment pouvons-nous faire de cette vision une réalité? La technologie existe, mais comment pourrions-nous l’intégrer dans le paysage urbain actuel?

Les milieux bâtis et sociaux dans lesquels nous vivons sont déjà touchés par cette tendance vers les infrastructures intelligentes, et ces technologies s’intègrent déjà peu à peu dans la plupart des aspects de notre vie. Au Canada, bon nombre d’entre nous sont connectés toute la journée, chaque jour. Nous utilisons des thermostats, des maisons ou des appareils intelligents. Présentement, notre réseau sans fil est le deuxième au monde en termes de rapidité. Nous alimentons en données les marchés commerciaux, puis recevons des avantages en retour sous forme de services améliorés, plus efficaces ou personnalisés ou de rabais, par exemple, des factures d’électricité moins élevées.

Près de 90 pour cent de la population canadienne possède actuellement un téléphone intelligent et la différence entre les personnes qui en possèdent ou non est surtout générationnelle. Dans notre quête de faire évoluer le paysage actuel, nous devons veiller à ce que les infrastructures intelligentes soient inclusives et efficaces pour l’ensemble de la population.

Cependant, les différents groupes démographiques n’utilisent pas et n’adoptent pas ces technologies de la même manière. Nous avons tendance à tenir pour acquis qu’une présence accrue de technologie intelligente dans la sphère publique profitera à tous. Or, nous savons par les données démographiques que les personnes âgées de 75 ans et plus utilisent très peu ces technologies. Ainsi, si nous utilisons les données fournies par les technologies intelligentes pour prendre des décisions, nous passerons très probablement à côté des cohortes de population plus âgées. Les décisions prises risqueraient alors de répondre davantage aux besoins et préférences des générations plus jeunes.

Par ailleurs, ajouter des fonctionnalités numériques à nos infrastructures analogiques devient de plus en plus complexe en raison de l’urbanisation qui s’accentue depuis des décennies. Nous avons observé cette tendance s’accélérer fortement au cours des 50 dernières années et ce sont maintenant plus de 4,2 milliards de personnes qui vivent dans les zones urbanisées en 2019. Actuellement, 82 pour cent de la population nord-américaine vit ou travaille dans des villes. En vertu de facteurs comme l’urbanisation rapide et le fossé générationnel en matière d’adoption des technologies, pour ne nommer que ceux-ci, il pourrait s’avérer plutôt difficile de prédire l’évolution des infrastructures intelligentes au cours des 10 à 20 prochaines années.

Tendances futures

Comme nous l’avons déjà mentionné, la tendance vers l’urbanisation rapide devrait s’accentuer encore, et il s’agit là de l’un des facteurs qui auront le plus de répercussions sur les infrastructures intelligentes dans le futur. L’Organisation des Nations unies prévoit que 2,5 milliards de personnes de plus se déplaceront vers les villes d’ici 2050. La population du Canada devrait atteindre les 52,6 millions d’habitants d’ici 2061, une augmentation en grande partie attribuable à l’immigration dans les centres urbains. Cette hyperconcentration cause une immense pression sur nos infrastructures urbaines, une situation qui n’ira pas en s’améliorant.

Cette grande densité de population urbaine entrainera des répercussions directes sur la qualité de vie des habitants de ces villes, particulièrement en ce qui concerne l’alimentation en électricité et en eau, le traitement des eaux et l’efficacité du transport collectif, des routes et des télécommunications.

Outre l’augmentation de la densité des populations, nous devrons nous adapter à d’autres tendances qui se dessinent pour le futur. Par exemple, nous savons que le climat deviendra de plus en plus extrême et perturbateur; nous devrons donc apprendre à mieux prévoir et gérer ces changements tout comme à mieux préparer et entretenir nos actifs.

Environ 50 pour cent des infrastructures publiques auront atteint leur fin de vie utile d’ici 2027, ce qui représente une excellente occasion de remplacer ou de moderniser ces immobilisations pour les doter de technologies intelligentes. Il faut donc maintenant réfléchir à la façon dont nous pouvons utiliser les infrastructures et systèmes intelligents pour maintenir, voire améliorer la qualité de vie des populations urbaines en pleine croissance, que ce soit par le transport collectif, le partage de véhicules ou d’autres services communs.

Défis

L’adoption de masse des infrastructures intelligentes est plus lente que les avancées technologiques, et ni le secteur public ni le secteur privé n’ont su maintenir le rythme. Cela est en partie attribuable aux couts qu’entraine la modernisation des espaces partagés, mais aussi à la difficulté à faire adopter ces technologies par les multiples intervenants, qui ont des préoccupations bien légitimes. En matière de bâtiments intelligents, il importe de préserver le fragile équilibre entre avancée technologique et sécurité. En mettant en place des systèmes intelligents et en les alimentant de nos données, nous obtenons évidemment de nombreux avantages. Toutefois, des risques inhérents à la confidentialité et à la sécurité existent; l’on observe d’ailleurs une hausse de la criminalité numérique et des demandes de rançon pour des données sensibles prises en otage.

La révolution technologique entraine une évolution de la menace. Il est par conséquent impératif d’évaluer tous les risques. Aujourd’hui, les limites sont floues entre les environnements physique et numérique. C’est pourquoi nous devons tâcher de cerner les lacunes de sécurité et d’en déterminer les causes. De façon générale, la fiabilité d’un système peut être évaluée en se concentrant sur les quelques pièges fréquents, mais il importe aussi d’accroitre son sens des responsabilités des propriétaires pour devancer les risques.

Mise en œuvre par phase

Nous constatons déjà des changements extrêmement positifs dans l’aménagement des infrastructures intelligentes par phase. Il suffit de penser par exemple au Défi des villes intelligentes, financé par le gouvernement du Canada. Cette compétition pancanadienne offre aux villes l’occasion d’adopter une approche novatrice pour intégrer les données et les technologies connectées. Les villes gagnantes reçoivent une subvention de 5 à 50 millions de dollars pour concrétiser leur idée.

Comme dans ces villes avant-gardistes qui adoptent déjà ces technologies et servent d’étude de cas, la mise en œuvre par phase est également bien amorcée ailleurs dans le monde. Un bon exemple de cette approche est le projet de WSP, en Australie, qui visait à faire passer un tunnel de métro sous des zones extrêmement sensibles, notamment un hôpital doté de salles d’opération en fonction au moment des travaux. Le site était si sensible que même un faible taux de bruit et de vibration était problématique;

l’équipe de projet a donc installé une multitude de capteurs intelligents qui enregistraient pas moins de 5 millions de mesures par jour afin d’assurer un contrôle en temps réel. Les capteurs resteront en place après la conclusion du projet pour servir de plateforme initiale vers une ville intelligente.

WSP adopte aussi d’autres approches par phase pour aménager des infrastructures intelligentes dans le paysage urbain. Par exemple, le secteur d’activité Environnement de WSP utilise la photographie et un SIG pour créer des documents numériques sur les actifs d’une ville. Notons aussi PRIME, une autre initiative de WSP Canada, qui consiste en une plateforme de suivi du développement, des infrastructures ainsi que des politiques.

Les infrastructures intelligentes seront implantées un capteur à la fois, mais leur adoption se produira rapidement. Il importe donc d’adopter une approche prudente et sensée pour maximiser les possibilités qu’offre cette technologie pour nos villes et améliorer notre qualité de vie des années durant.

Intelligence stratégique

Pour qu’une infrastructure soit intelligente, il ne suffit pas de la rendre intelligente en tenant sa valeur ajoutée pour acquise : il s’agit plutôt de prendre des décisions sensées quant à nos infrastructures, à bien mesurer les paramètres, à optimiser les décisions et à rassembler de l’information.

Avant d’être considérée comme « intelligente », l’infrastructure doit d’abord répondre à un critère essentiel : conférer une valeur ajoutée.

La nouvelle technologie doit nous permettre de mieux gérer nos actifs actuels et de mieux planifier ceux à venir, grâce à une communication ouverte. Au bout du compte, c’est à nous qu’il revient d’utiliser les infrastructures intelligentes comme outil d’optimisation et de mettre à profit les informations qu’elles nous donnent pour prendre de meilleures décisions.

En soi, les infrastructures intelligentes ne constituent pas une solution à la pression créée par la densité accrue de la population, le changement climatique ou les autres défis qui se poseront dans le futur. Elles font simplement partie d’une solution plus vaste encore.

Pour de plus amples renseignements sur les services d’infrastructures intelligentes de WSP, veuillez contacter Lucy Casacia ou Mara Bullock.

Nouvelles recherches

Les données lentes à l’ère de la ville intelligente

Les villes bénéficient du nombre toujours croissant d’avancées technologiques. L’information numérique aide à résoudre nos problèmes urbains les plus urgents. Toutefois, l’augmentation de la quantité de données que nous sommes maintenant capables de générer peut voiler l’intention originale et l’objectif de ce travail si nous ne gardons pas en tête la dynamique sociale en jeu en interagissant avec les gens qui devraient en profiter.

Et si l’industrie ferroviaire utilisait au maximum les données ?

La technologie évolue à un rythme exponentiel. D’ici 2020, l’Internet des objets devrait permettre de connecter 50 milliards d’appareils, produisant 44 trillions de Go de données. L’industrie ferroviaire se doit d’exploiter ces données pour accroître l’efficacité et la fiabilité de son réseau, afin d’offrir un service plus rapide, moins risqué, plus économique et fiable à ses usagers.

L’anatomie d’un jumeau numérique

D’ici 2020, plus de la moitié des fabricants dont le chiffre d’affaires annuel est supérieur à cinq milliards de dollars auront lancé au moins une initiative de jumeau numérique. Quelles sont les capacités offertes par ces « jumeaux » et pourquoi sont-ils de plus en plus employés ?

Conçu pour l’avenir

Par l’intermédiaire de « Conçu pour l’avenir », WSP apporte clarté et vision aux défis complexes grâce aux tendances clés dans les domaines des changements climatiques, de la société, des technologies et des ressources. Nous mettons également au défi notre personnel de discuter avec les clients de solutions conçues tant pour le présent que pour l’avenir. Notre programme « Conçu pour l’avenir » amène une paix d’esprit, une réduction des coûts du cycle de vie et de la résilience.

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