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CLIMAT


Après la tempête

Comment réagir plus rapidement et plus intelligemment aux répercussions des événements météorologiques extrêmes et des catastrophes naturelles? Qu’il s’agisse de systèmes d’alerte précoce pour prévoir l’évacuation des villes, de drones pour lutter contre les feux de forêt ou de systèmes de drainage intelligents pour détourner les eaux de crue, les technologies dites « perturbatrices » viennent briser les incidences de phénomènes météorologiques destructeurs. Découvrez comment les technologies intelligentes peuvent contribuer à atténuer les dommages engendrés par une catastrophe et aider les communautés à se relever rapidement et en douceur de ses suites.

Les répercussions des changements climatiques* entrainent des événements météorologiques extrêmes et perturbateurs. Il suffit de regarder les nouvelles des deux dernières années pour s’en convaincre. Rien qu’en 2020, une vague de chaleur a accablé la Sibérie, des feux de brousse en Australie ont ravagé son écologie et des feux de forêt ont fait rage aux quatre coins des États-Unis.

Il ne s’agit là que de quelques exemples parmi tant d’autres survenus cette année, et ce n’est que le début. Plus le climat changera, plus nous observerons une augmentation de la fréquence et de la gravité de ces événements climatiques qui bouleversent déjà largement l’équilibre de nos sociétés, de nos entreprises et de notre quotidien.

Les communautés et les gouvernements savent qu’ils doivent agir pour renforcer leur résistance aux changements climatiques, mais cela ne se traduit pas toujours par un plan d’action précis. Les changements climatiques sont un phénomène qui dépend grandement de la région où on se trouve. Et donc, ce qui se produit en Ontario sera radicalement différent de la situation en Alberta, pareil pour Thunder Bay et Halifax.

Nombre d’entreprises rassemblent déjà les données nécessaires afin de mettre en œuvre des solutions intelligentes, établir des prévisions et une planification Conçu pour l’avenirMD, et développer des modèles d’entreprise résilients capables d’atténuer les effets des changements climatiques et de permettre de réagir efficacement lorsqu’un événement se produit. Ce n’est toutefois pas le cas de toutes les entreprises. Plusieurs n’ont pas encore puisé dans les possibilités d’investissement qui s’offrent à elles et dans les occasions inexploitées d’utiliser plus efficacement leurs données et leurs ressources, et ainsi prévenir les problèmes climatiques avant qu’ils ne surviennent.

Se préparer aux cygnes verts

Lorsqu’on évalue les risques qui guettent en permanence les entreprises et les marchés, on tient compte des événements imprévus qu’on appelle des « cygnes noirs » selon la théorie du même nom, comme les pandémies, qui provoquent une chaine d’incidences au sein des marchés et de l’économie mondiale. Les changements climatiques peuvent aussi causer de vastes mouvements de marché inattendus soit, en référence au concept précédent, des « cygnes verts ».

Les « cygnes verts » désignent les événements liés au climat qui entrainent des perturbations majeures* pour l’économie mondiale et les systèmes sociaux et naturels. Même si nous savons qu’il est possible que des chocs mondiaux surviennent, comme les changements climatiques ou les pandémies, il est difficile de prédire et de gérer l’ampleur générale de leurs incidences, de leurs interdépendances systémiques et des effets qui en découlent. Les gouvernements, les entreprises et les communautés doivent être adéquatement préparés pour réagir à la suite de répercussions interreliées des changements climatiques et aux résultats des cygnes verts. C’est ici qu’entrent en jeu les mégadonnées, les technologies intelligentes et l’analyse prédictive.

Les « cygnes verts » désignent les événements liés au climat qui entrainent des perturbations majeures pour l’économie mondiale et les systèmes sociaux et naturels.

Les données à la rescousse

L’utilisation de données climatiques et d’outils technologiques peut grandement contribuer à atténuer les impacts des changements climatiques et à rendre les communautés plus fortes et plus résilientes.

Nous avons plus que jamais accès aux données et modèles climatiques utilisés par les scientifiques pour établir leurs prédictions. Les entreprises et les communautés peuvent se servir de ces données pour évaluer les risques que le climat engendre pour leurs actifs, prévoir quels sont les principaux risques qui se présentent et privilégier ceux-ci, et enfin déterminer les points où des mesures sont nécessaires pour renforcer la résilience.

Les experts en mégadonnées et en climatologie sont capables de tirer parti des données accessibles au grand public sur les outils en ligne et de les interpréter afin de développer un plan d’action s’attaquant d’abord au plus grand risque. Les gouvernements provinciaux et municipaux commencent d’ailleurs à se fier à ces données pour planifier la résilience à long terme de leurs communautés. Les entreprises, surtout celles qui ont une vision à plus long terme, réalisent également que leurs modèles d’affaires seront perturbés à la fois par les impacts physiques des changements climatiques et par la transition vers une économie à faibles émissions de carbone.

De plus en plus de données sont rendues publiques, et ce, même à l’international. Le défi est toutefois de traduire cette quantité massive d’informations en solutions intelligentes destinées à atténuer les risques. Il s’agit d’une activité relativement nouvelle pour la plupart des entreprises du secteur privé. Les services-conseils d’un expert peuvent s’avérer d’une aide précieuse dans ces situations.

Chaque année à l’arrivée de l’été, beaucoup de régions connaissent des journées de grande chaleur et des canicules. Selon les données météorologiques, les cinq dernières années se sont révélées les plus chaudes à ce jour*. Partout au Canada, les températures continuer d’augmenter et les canicules de se multiplier et de s’allonger, jusqu’à peut-être dépasser une semaine. C’est déjà la réalité de certaines villes, comme Montréal, où la plus longue canicule a duré huit jours et a entrainé la mort de plus de 65 personnes en 2018.

Ainsi, une communauté qui fait le suivi de ces données à l’aide d’une plateforme intelligence capable de superposer d’autres données (démographiques, par exemple) sera en mesure de concevoir des solutions proactives et intelligentes pour les zones susceptibles d’abriter les populations les plus à risque.

Les entreprises, surtout celles qui ont une vision à plus long terme, réalisent également que leurs modèles d’affaires seront perturbés à la fois par les impacts physiques des changements climatiques et par la transition vers une économie à faibles émissions de carbone.

Risques et concomitance

Nous sommes en mesure d’obtenir un tableau plus précis du chevauchement des risques et des vulnérabilités en utilisant de manière stratégique les données climatiques et la cartographie de celles-ci et en leur superposant différents facteurs de risques. De fait, les personnes âgées et celles déjà aux prises avec des problèmes respiratoires ou cardiovasculaires seront plus susceptibles de développer des complications si elles contractent des maladies (telles que la COVID-19) et de souffrir des contrecoups des changements climatiques. Le statut socioéconomique s’avère également un facteur déterminant : les groupes marginalisés, les personnes vivant dans la pauvreté ou en zone polluée ainsi que les sans-abri sont en général plus vulnérables.

Les projections climatiques nous aident à prévoir l’augmentation des inondations, des feux de forêt et des canicules. Il faudra absolument assurer un suivi auprès des personnes vulnérables qui pourraient avoir besoin de soutien lors de ces événements. Certaines administrations combinent justement des données sociodémographiques avec des cartes des zones inondables et des ilots de chaleur de leur ville pour savoir où effectuer des visites de contrôle et où cibler les ressources et les programmes communautaires. Après avoir déterminé les secteurs les plus à risque, les autorités peuvent fournir une aide accrue à ceux dont la vulnérabilité aux événements météorologiques extrêmes se trouve aggravée.

Renforcer notre résilience dans la foulée des événements climatiques

Les experts insistent de plus en plus sur l’importance de la prévention pour éviter les dommages les plus graves et coûteux dus aux changements climatiques. Fait encourageant, les gouvernements fédéral et provinciaux offrent un financement appréciable pour s’adapter à ces changements et en atténuer les effets, y compris dans le cadre de fonds d’urgence. Demander ce genre de soutien peut cependant se révéler complexe puisque l’aide fédérale prend plusieurs formes et qu’il faut répondre à des exigences bien précises pour y avoir droit.

Les outils tels que les données climatiques, les technologies intelligentes, les cartes détaillées des zones inondables ou à risque s’avèrent utiles, mais seulement si l’on dispose de la volonté politique et du financement nécessaire pour construire ou réhabiliter des infrastructures clés. Bien que les gouvernements desserrent de plus en plus les cordons de la bourse, les investissements proactifs demeurent minimes quand on les compare aux pertes financières associées aux inondations majeures des dernières années.

Les suites d’un événement météorologique extrême sont une belle occasion de cerner les points à améliorer et de parvenir à un consensus sur de nouveaux investissements pour ainsi renforcer notre résilience aux événements climatiques futurs. Les différents paliers gouvernementaux et les municipalités doivent bonifier leurs apports pour se préparer aux conséquences des changements climatiques qui s’annoncent à l’horizon.

* Les liens marqués d’un astérisque ne sont disponibles qu’en anglais.

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