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CLIMAT


Réinventer la résilience face aux changements climatiques

Pour certains d’entre nous, les changements climatiques constituent une menace distante qui se profile à l’horizon et que nous avons bien le temps de redresser la situation. Or, cela est en fait bien éloigné de la vérité. Ses répercussions font déjà la une des manchettes, se voient sur nos factures d’électricité, en plus de modifier notre vie quotidienne. Peu importe qui vous êtes ou la région où vous vous trouvez, les changements climatiques ont déjà perturbé votre vie de tous les jours même sans que vous en ayez conscience. Et ce sont les personnes les plus vulnérables qui sont les plus exposées à ces impacts. Nous devons aborder le sujet des changements climatiques plus en détail afin de saisir les répercussions imprévues qui nous mettent en danger et la nécessité de trouver des solutions holistiques.


Face aux grands défis posés par les incendies de forêt, les vagues de chaleur, les inondations et les autres phénomènes météorologiques extrêmes à l’échelle mondiale, il n’a jamais été aussi urgent de prendre des actions pour le climat. Nous ne parlons souvent des changements climatiques qu’en réaction à un incendie ou à une inondation dont nous sommes témoins aux actualités. Mais la conversation est en réalité beaucoup plus large que les mesures réactives et ponctuelles prises face à des crises individuelles; il faut élargir notre perspective et tenir des conversations approfondies sur la régénération, la sensibilisation aux problèmes relatifs aux changements climatiques et à l’environnement, les technologies de réhabilitation du climat, l’équité et la justice environnementale, et plus encore. Cette perspective générale nous permet d’envisager différemment la manière dont nous abordons les nombreux éléments individuels qui font partie du grand tableau climatique.

L’élimination progressive des plastiques à usage unique ou la participation à un nettoyage de quartier sont autant d’actions directes fantastiques à entreprendre à l’échelle individuelle dans votre propre communauté. Cela dit, réfléchir à la résilience climatique au sens large est aussi important et nécessite d’élargir notre dialogue. À cette fin, nous devons nous poser deux questions : quel est l’impact des changements climatiques sur nos vies au-delà des effets apparents et qui en paie le prix fort?

Il faut élargir notre perspective et tenir des conversations approfondies sur la régénération, la sensibilisation aux problèmes relatifs aux changements climatiques et à l’environnement, les technologies de réhabilitation du climat, l’équité et la justice environnementale, et plus encore.

Perte de biodiversité

Lorsque nous parlons des effets des changements climatiques, nous nous concentrons souvent sur les effets les plus manifestes, tels que les vagues de chaleur, les sécheresses et les fortes précipitations. Pourtant, la réalité est loin de se résumer à ces phénomènes météorologiques extrêmes. Avec l’expansion de l’utilisation des terres à tel point que nous constatons la dégradation de plus d’un quart de la surface libre de glace de la Terre (article en anglais), cela se traduit par une grave perte de biodiversité. Et le lien entre la perte de biodiversité, l’utilisation des terres et les changements climatiques cause des événements que beaucoup d’entre nous n’avaient pas envisagés.

Même si vous habitez loin des incendies de forêt d’Australie ou de Californie, ou de la tempête de neige du Texas qui ont endommagé leurs infrastructures, la perte de biodiversité et les changements climatiques ont également eu un impact direct sur votre vie l’année dernière sous forme de la pandémie de la COVID-19. Tout comme le SRAS, le VIH et le virus Ebola, la transmission de ce virus provient d’un animal infecté, soit par le commerce d’espèces sauvages, soit par l’empiétement de l’homme sur son habitat. En bref, on peut dire que la COVID-19, comme toutes les autres zoonoses, est le résultat de l’empiétement de l’homme sur les écosystèmes naturels.

Nous dépendons de la biodiversité bien plus que nous ne le pensons (article en anglais). À titre d’exemple, dans notre vie quotidienne, elle sert de base à la production alimentaire, aux sources d’eau douce et de carburant et freine les maladies transmissibles. La perte de biodiversité aura par conséquent de graves répercussions sur la nutrition, la production alimentaire, la médecine traditionnelle, les maladies infectieuses et la recherche dans le domaine de la santé, et entraînera indirectement des changements dans l’utilisation des terres, les migrations et les revenus.

La perte de nature et de biodiversité correspondante est liée à nos plus grandes catastrophes actuelles; ce sont les mêmes forces de dégradation biologique (article en anglais) qui provoquent des phénomènes météorologiques extrêmes, détruisent notre planète et nous rendent malades. Et ces effets délétères nuisent à certains d’entre nous plus qu’à d’autres.

Conversation sur l’équité et le climat

Comme nous l’avons manifestement observé l’année dernière, les populations vulnérables ont été beaucoup plus susceptibles d’être touchées par les événements de type cygne noir. Il existe de nombreuses circonstances où nos populations âgées, défavorisées, racialisées et économiquement précaires sont victimes de crises de manière plus rapide et plus grave. Les personnes les plus vulnérables face aux changements climatiques sont celles qui disposent des plus petits filets de sécurité. Nous devons donc accorder une place plus importante à l’équité dans les discussions.

La restauration du climat est étroitement liée à l’équité. Les inégalités sociales peuvent accentuer grandement les impacts des changements climatiques et la dégradation de l’environnement, en plus de nuire au développement durable. C’est ce qui s’est passé en Colombie-Britannique cet été, où les personnes ne disposant pas de climatisation ont été les plus touchées par la vague de chaleur exceptionnelle. Nous avons également été témoins de telle situation lors d’inondations et d’incendies de forêt dans l’Ouest canadien, où les gens devaient quitter leur maison. Certains d’entre eux pouvaient se loger à l’hôtel ou dans une résidence secondaire, alors que d’autres étaient contraints de rester à long terme dans des abris d’urgence. En outre, les inégalités économiques peuvent même influencer les décisions d’évacuation elles-mêmes (en anglais seulement), comme ce fut le cas lors de l’ouragan Katrina. Une étude menée à la suite de cette catastrophe a révélé que certaines personnes refusaient d’évacuer, car elles n’en avaient tout simplement pas les moyens de payer pour un autre logement ou de se déplacer hors de la ville.

Il ne s’agit que d’un petit aperçu de certains des problèmes cruciaux, mais cachés qui appellent davantage de discussions et plus de ressources dans nos efforts pour devenir plus résilients aux changements climatiques. Nous devons tenir compte de la diversité des points de vue lors des discussions sur la résilience climatique et rechercher des solutions holistiques où personne n’est laissé pour compte.

En réponse à l’incidence croissante des changements climatiques sur les activités actuelles et futures, de plus en plus d’entreprises publient des renseignements sur le climat conformément aux recommandations du Groupe de travail sur la divulgation de l’information financière relative aux changements climatiques (GIFCC) pour promouvoir la transparence, l’efficacité et la résilience. En savoir plus.

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